Le retour en fanfare du bal musette

Que les amoureux du vieux Paris se rassurent. Aujourd’hui, danser dans la capitale ne se résume plus à envahir bars et boites de nuits, Guinguettes et Bals musettes reprennent du service.

Ringard, certainement pas. Ce dimanche soir à l’Alimentation Générale, un bar du XIe arrondissement, bérets et casquettes façon Gavroche sont de sortie. Une salle à la décoration rétro, propose une grande piste de danse dont le sol semble encore se souvenir des derniers coups de talons reçus. L’orchestre, juché sur une petite estrade, à portée de main, fait s’agiter les clients au son d’une multitude d’instruments : accordéon, banjo, grosse caisse et cymbales. C’est sans gène que les couples les plus aguerris s’élancent sur la piste pour la première danse de la soirée : une Java. Très vite, on n’arrive plus à les compter : sont-ils une dizaine, une vingtaine à danser ? Un véritable tourbillon s’installe.

Crédit: Le p'tit photographe

Crédit: Le p’tit photographe

Transmettre l’amour du bal musette
Ce bal est l’initiative de celle que l’on appelle « la Bâronne d’Paname ». La Bâronne, un petit bout de femme au cheveux bruns enveloppée dans sa robe à fleurs et juchée sur des talons vertigineux, défend corps et âme son association : « Balapaname est née il y a plusieurs années de l’envie de faire revivre le bal musette à Paris ». Elle nous explique que ce folklore populaire, bel et bien né à Paris, a disparu après la Grande Guerre de la volonté générale d’oublier le passé. Il en est de même pour les musiques et pratiques des parents et des grands- parents. La musette semble s’être arrêtée à cette époque, là où toutes les autres musiques ont continué à se développer. « À Paris il n’y avait plus de musette, alors que celle-ci existe dans le monde entier. Il y a même une musette Inuit. Il nous fallait absolument faire revivre ces origines » insiste la Bâronne. C’est dans cette optique que son association s’est mise à promouvoir le retour du bal au sein de la capitale, avec une musette qui a su se moderniser tout en conservant son âme pour plaire au public d’aujourd’hui. Ce travail de transmission est une véritable démarche patrimoniale qui consiste à sauvegarder musiques et danses d’autrefois. La Fédération Française de Danse s’est émue de cette action qui constitue : « un renouveau du patrimoine national dansant, dont le bal musette fait intégralement partie. »

Gaité, dynamisme et spontanéité
Cette ambition n’est que la partie immergée de l’iceberg. L’autre finalité comme le souligne la Bâronne est de : « créer un moment de partage, un moment de délire collectif, car la musette ne se danse pas qu’à deux. On la danse tous ensemble. » Et pour ceux qui s’inquiéteraient de leur piètre talent de danseur, pas de panique. La Bâronne se veut rassurante en insistant sur le fait que les gens doivent être décomplexés et qu’il faut démystifier la technique de la danse.
C’est ainsi que l’on aperçoit sur la piste les prestations les plus professionnelles mais aussi les plus improvisées. Un couple de jeune s’élance timidement, et applique les conseils donnés par les autres danseurs « Si vous ne savez pas danser, regardez vos voisins et gigotez, ça fera toujours une danse. » Une fois dans l’ambiance, il s’agit juste de faire attention aux couples qui virevoltent à coté de soi. Stéphane et Marion, des habitués, expliquent que c’est fantastique pour eux de pouvoir vivre ce qu’ont vécu leurs arrières grands-parents, mais aussi de pouvoir s’adonner à leur plus grand plaisir, la danse de salon.
Les sourires se lisent sur toutes les bouches et très vite l’image du bal prend le dessus. Cigarette au bec, casquette gavroche sur le coté, les hommes se la jouent voyous d’antan et les femmes se lovent dans leurs bras.

Un pari réussi
Associations, orchestres, animateurs et danseurs ; nombreux sont ceux qui vivent pour, ou par le bal musette et qui se réjouissent de ce « fabuleux retour ». Raoul d’Aubervilliers, personnage bien connu du milieu aime le bal qui lui rappelle « le passé, l’histoire des vraies gens, et celui de l’ancien monde ouvrier ». Il précise que sa passion consiste à se rappeler les choses, à les fantasmer. Dans une société qui prône les phénomènes de mode, et récemment un engouement pour le vintage, Raoul s’inquiète de ce que sera devenu le bal dans plusieurs années. Au devant de toute inquiétude, le pari des associations comme Balapaname est aujourd’hui réussi : le public est conquis et en redemande.

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Une réflexion sur “Le retour en fanfare du bal musette

  1. Danseur musette depuis plus de 40 ans aillant fréquenté le petit jardin la java et tous les bals musette de paris je serais heureux que vous veniez voir les danseurs musette qui évolue a la guinguette de l’écluse a neuilly sur marne un vrai régal pour les yeux.De plus j’ai entendu dire que la Baronne de Paname voudrai organiser des concours de toupie sur rond de bois cela serai très intéressant

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